Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 15:14

Les processus cérébraux

 

Notre cerveau est constitué de « programmes », sorte de routines utiles à la réalisation d’actions répondant aux demandes internes (faim, soif, etc.) et externes (dangers, sociales, etc.). Ces programmes que nous appellerons « habitudes » garantissent à notre cerveau le principe du « moindre effort ». En effet face à une demande il est plus pratique pour lui d’utiliser une habitude déjà mémorisée, même si celle-ci ne répond pas exactement à la demande, plutôt que d’avoir à créer une routine nouvelle. Les filtres « généralisation » et « distorsion » nous servent à sélectionner l’habitude la mieux adaptée en fonction de notre environnement, de notre vécu, de nos expériences, de nos traumatismes, de nos échecs et de nos réussites afin de revenir à un état d’équilibre suite à un évènement déséquilibrant.

 

 

Equilibre

 

 

 

On pourrait schématiser notre fonctionnement suivant le schéma ci-dessous.

 

CTE = Centre de Traitement Emotionnel

CTR = Centre de Traitement Rationnel

 

 

Brain Habits

 

 

L’organisation de notre registre FOR et de notre mémoire temporaire LUI pouvant être schématisés suivant le schéma ci dessous :

 

 

Register

 

 

La répartition des processus cérébraux

 

Suivant la répartition de Groningue (G. Heymans, E. Wiersma) nous pouvons en déduire une répartition des processus cérébraux suivant 16 axes.

 

Nous intégreront ici le concept de préférences cérébrales définit par la dichotomie cérébrale « recherche de récompense » vs « évitement de la douleur » qui peut également se traduire par la relation « maître » « esclave ». Lorsqu’un individu a une préférence cérébrale cela exprime une facilité à utiliser certains processus au détriment d’autres. L’ensemble de ces préférences cérébrales définissant notre personnalité. Nous pouvons donc avoir une préférence à utiliser notre cerveau droit, siège de nos traitements émotionnels ou notre cerveau gauche, siège de nos traitements rationnels. Par là nous exprimons une facilité à réagir plus aisément émotionnellement ou rationnellement face à un évènement. Nous avons donc un premier niveau de préférence qui peut s’exprimer par Emotionnel (hémisphère droit) vs Rationnel (hémisphère gauche).

 

De même nous pouvons avoir une préférence pour la Primarité (cortical), c'est-à-dire une réaction immédiate sans tenir compte des répercussions (retentissement rapide et court terme) ou pour une Secondarité (limbique), c'est-à-dire une réaction plus réfléchie en tenant compte des répercussions (retentissement plus lent et long terme).

 

Si on couple ces deux niveaux nous obtenons donc quatre grands systèmes cérébraux :

 

Un système Emotionnel-Primaire (EP) : siège de nos perceptions et de nos réactions émotionnelles immédiates.

Un système Emotionnel-Secondaire (ES) : siège de nos perceptions et de nos réactions émotionnelles à long terme.

Un système Rationnel-Primaire (RP) : siège de nos perceptions et de nos réactions rationnelles immédiates.

Un système Rationnel-Secondaire (RS) : siège de nos perceptions et de nos réactions rationnelles à long terme.

 

 

Nous pouvons également  avoir une préférence pour la Pro-Activité (PA), c'est-à-dire agir en anticipation des évènements (Intervenant)  ou pour une RéActivité (RA), c'est-à-dire attendre l’apparition de l’évènement avant d’agir (Demandeur). Nous retrouvons cette distinction dans nos 4 systèmes de bases (EP, ES, RP, RS) et donc nous donner un modèle en huit positions :

 

Un système Emotionnel-Primaire RéActif (EP/RA) : siège de nos perceptions et de nos réactions émotionnelles immédiates en réaction (Ecoute et Curiosité).

Un système Emotionnel-Primaire ProActif (EP/PA) : siège de nos perceptions et de nos réactions émotionnelles immédiates en pro action (Créativité et Stimulation).

Un système Emotionnel-Secondaire RéActif (ES/RA) : siège de nos perceptions et de nos réactions émotionnelles à long terme en réaction (Coopération et Solidarité).

Un système Emotionnel-Secondaire Pro actif (ES/PA) : siège de nos perceptions et de nos réactions émotionnelles à long terme en pro action (Générosité et Responsabilité).

Un système Rationnel-Primaire Pro actif (RP/PA) : siège de nos perceptions et de nos réactions rationnelles immédiates en pro actions (Confiance en soi et flexibilité).

Un système Rationnel-Primaire RéActif (RP/RA) : siège de nos perceptions et de nos réactions rationnelles immédiates en réactions (Indépendance et autonomie).

Un système Rationnel-Secondaire Pro actif (RS/PA) : siège de nos perceptions et de nos réactions rationnelles à long terme en pro action (Pragmatisme et Réalisme).

Un système Rationnel-Secondaire RéActif (RS/RA) : siège de nos perceptions et de nos réactions rationnelles à long terme en réaction (Persévérance et Organisation).

 

Chaque système ci-dessus pouvant être subdivisés en deux préférences. Une préférence pour la vision d’ensemble (VE) (champ de conscience large) ou une préférence pour une vision unitaire (VU) (champ de conscience étroit) . Nous obtiendrons ainsi nos 16 processus cérébraux issus des préférences cérébrales, définissant l’individu dans ses comportements observables.

 

EP/RA/VE                                Prévenance

EP/RA/VU                                Attention

EP/PA/VE                                Spontanéité

EP/PA/VU                                Stimulation

ES/RA/VE                                Conciliation

ES/RA/VU                                Implication

ES/PA/VE                                Conscience

ES/PA/VU                                Disponibilité

RP/PA/VU                                Directivité

RP/PA/VE                                Diplomatie

RP/RA/VU                               Détachement

RP/RA/VE                                Jugement

RS/PA/VU                                Praticité

RS/PA/VE                                Objectivité

RS/RA/VU                               Ténacité

RS/RA/VE                                Structuration

 

 

sphere web

 

 

Les principes fondateurs

 

 

 Affectement Def

 

Dirigeance Def

 

 objectif Def

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Philo Def

 

 

Jean Marc Santi

R&D Appliqués en sciences du comportement

Partager cet article

Repost 0
processperformance - dans Généraux
commenter cet article

commentaires

Michel THYS 22/04/2010 20:33


Je propose d'appliquer la théorie à une interprétation du phénomène religieux.
Sans vouloir simplifier ou réduire l’infinie complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des « mécanismes » psycho-neuro-physio-génético-cognitivo-éducatifs,
n’est-il pas légitime de compléter son approche traditionnelle (philosophique, métaphysique, théologique, psychanalytique, anthropologique, sociologique …) par une approche neuroscientifique ?

Les neurosciences ne visent évidemment pas à démontrer l’inexistence de « Dieu » (par définition, aucune inexistence n’est démontrable). Mais il est vrai, du moins à mes yeux, qu’elles peuvent
inciter à conclure à son existence subjective, imaginaire et donc illusoire.
Aussi balbutiante soit-elle, cette nouvelle approche permet déjà, à mon sens, d’élaborer des hypothèses explicatives quant à l’origine et la fréquente persistance de la foi, et donc à l’anesthésie,
partielle ou totale, de l’esprit critique en matière de religion.

Actuellement, selon moi, la liberté constitutionnelle de conscience et de religion est actuellement plus symbolique qu’effective. En effet, la liberté de croire ou de ne pas croire est généralement
compromise, à des degrés divers. D’abord par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale précoce, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents. Ensuite
par l’influence d’un milieu éducatif croyant unilatéral, excluant toute alternative humaniste non aliénante. L’éducation coranique, exemple extrême, en témoigne hélas à 99,99 %, la soumission y
étant totale.

Les neurosciences tendent à confirmer cette imprégnation :
- Après Desmond MORRIS, qui l’avait déjà pressenti en 1968, Richard DAWKINS estime que la soumission est génétique : déjà du temps des premiers hominidés, le petit de l’homme n’aurait jamais pu
survivre si l’évolution n’avait pas pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu … ).
- Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, a constaté (son successeur actuel Vassilis SAROGLOU le confirme) qu’en l’absence
d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas spontanément, et aussi que la religiosité à l’âge adulte en dépend ( et donc l’aptitude à imaginer un « Père » protecteur, substitutif et
anthropomorphique (cfr Freud !), fût-il « authentique, épuré, Présence Opérante du Tout-Autre » …).

Des neurophysiologistes ont constaté que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures à l’âge de 2 ou 3 ans, mais que les amygdales (du cerveau émotionnel), elles, sont
déjà capables de stocker des souvenirs inconscients, et donc les comportements religieux, puis les inquiétudes métaphysiques des parents, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex
pariétal inférieur. L’IRM fonctionnelle suggère que le cerveau rationnel, le cortex préfrontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent inconsciemment
anesthésiés, à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion.

Ce qui expliquerait l’imperméabilité des croyants, notamment créationnistes, à toute argumentation rationnelle ou scientifique, et donc la difficulté, voire l’impossibilité de remettre leur foi en
question, sans doute pour ne pas se déstabiliser (cf le pasteur évangélique Philippe HUBINON à la RTBF : « S’il n’y a pas eu « Création », tout le reste s’écroule … ! ».

Il est logique dès lors que certains athées, comme Richard DAWKINS, ou agnostiques comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, perçoivent l’éducation religieuse, bien qu’a priori
sincère et de bonne foi, comme une malhonnêteté intellectuelle et morale. Henri LABORIT l’avait bien compris : « Je suis effrayé par les automatismes qu’il est possible de créer à son insu dans le
système nerveux d’un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d’adulte, une chance exceptionnelle pour s’en détacher, s’il y parvient jamais.(…) Vous n’êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de
tous les automatismes qu’on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c’est une illusion, la liberté ! ».

Dans cette optique, les conversions religieuses s’expliquent :
Sans que l’on puisse actuellement expliquer le processus biochimique qui enclenche le “switch », l’interrupteur qui fait basculer de l’incroyance vers la croyance, le fait est là : dans tous les
cas, un bouleversement des neurotransmetteurs (dopamine, …) a lieu, un peu comme dans le cas du coup de foudre amoureux. Comment expliquer par exemple la conversion de Paul CLAUDEL, ancien croyant,
en entendant le Magnificat de BACH à N-D de Paris ? J’ai émis une hypothèse explicative audacieuse : Indépendamment de sa brillante intelligence et de son intellect (qui n’ont rien à y voir), tout
se passe comme si l’environnement sensoriel (grandes orgues, odeur d’encens, decorum, …- avait provoqué un bouleversement émotionnel au point de faire « disjoncter » son cerveau rationnel au profit
de son cerveau émotionnel. Les sensibilités poétique, musicale, religieuse, …, y ont d’ailleurs des localisations voisines. Les exemples sont nombreux, dans d’autres circonstances, par exemple la
conversion du docteur Alexis CARREL, qui avait perdu la foi pendant ses études, et qui l’a retrouvée lors d’un voyage à Lourdes, ou celle d’Eric-Emmanuel SCHMIDTT perdu sous le firmament glacial du
Sahara. Contrairement à un Henri LABORIT, par exemple, aucun d’eux n’avait compris le fonctionnement du cerveau …
Pour que les libertés de conscience et de religion, et en particulier celle de croire ou de ne pas croire, deviennent plus effectives que symboliques, il faudrait, selon moi, s’orienter enfin vers
un système éducatif pluraliste proposant à tous une information minimale, progressive, objective et non prosélyte sur les différentes options religieuses ET sur les options laïques actuellement
occultées, l’humanisme laïque, la spiritualité laïque, etc …

L’école compenserait ainsi l’influence familiale, certes légitime mais unilatérale et donc communautariste, chacun pourrait choisir, en connaissance de cause, aussi librement et tardivement que
possible, ses convictions philosophiques (OU religieuses puisque le droit de croire restera toujours légitime et respectable, a fortiori si cette option a été choisie plutôt qu’imposée).
Cela permettrait enfin la recherche de valeurs communes, « universalisables », parce que bénéfiques à tous.
Mais cela impliquerait de devoir repenser les notions de neutralité de l’Etat et de libre choix des parents … !
Dans une génération, peut-être … ?

Michel THYS à Waterloo michelthys@base.be http://michel.thys.over-blog.org

Références bibliographiques.

Mes hypothèses explicatives quant à l’origine psychologique et éducative de la foi, ainsi qu’à sa fréquente persistance neuronale sont le résultat de nombreuses lectures. Notamment :

- Antoine VERGOTE, chanoine, « Psychologie religieuse », du, Ed. Dessart 1966.
ancien professeur à l’Université catholique de Louvain.1966.
- Vassilis SAROGLOU (son successeur) & HUTSEBAUT, D
Religion et développement humain »,. 2001.
- Patrick JEAN-BAPTISTE « La biologie de dieu » 2003 Agnès Viénot 2003.
- Jean-Didier VINCENT : « Voyage extraordinaire au centre du cerveau » Odile Jacob 2007.
- V.S. RAMACHANDRAN « Le fantôme intérieur ». Odile Jacob 2002.
- Jean-Pierre CHANGEUX « L’homme neuronal »1993, « L’homme de vérité » 1994
- Pascal BOYER « Et l’homme créa les dieux ».
- Antonio DAMASIO « L’erreur de Descartes »2001 et « Spinoza avait raison’.
- Henri LABORIT « Une vie » 1996 « Derniers entretiens »
- Mario BEAUREGARD « Du cerveau à Dieu » « The spiritual brain »
- Michaël PERSINGER « On the possibility of directly accessing every human brain by
electromagnetic induction of fundamental algorythms ».1995.
- Paul D. Mac LEAN « Les trois cerveaux de l’homme » 1990.
- Joseph LEDOUX « Emotion, mémoire et cerveau » 1994.
- John SAVER & John RABIN « The neural substrates of religion experience » 1997.
- Francis CRICK « Une vie à découvrir »
- Via Internet : « Le cerveau à tous les niveaux ». Etc …


Présentation

  • : ProcessPerformance - Intelligence managériale - La gestion des processus d'adaptation
  • ProcessPerformance - Intelligence managériale - La gestion des processus d'adaptation
  • : Articles et réflexions sur les sciences comportementales appliquées au management au leadership et à l'entreprise
  • Contact